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Travailler en France

A la fin de chaque mois, vous sentez l'inquiétude monter. Comment payer le loyer, la nourriture, les assurances (et j'en passe !) ? Vous avez beau additionner, soustraire, diviser, multiplier, rien n'y fait. Vous avez un besoin vital de trouver un job. Mais comment procéder ? Y avez-vous droit, où vous adresser ?

Avant toute chose, sachez que vous pouvez travailler. Pour cela, il est nécessaire de respecter la réglementation en vigueur concernant l'accès à l'emploi en France. Nous allons donc maintenant vous indiquer une série de points à mémoriser avant d'entamer votre recherche d'emploi ou de job.

L'emploi raréfié : En France, la situation de l'emploi est difficile (à l'heure actuelle, on compte presque trois millions de chômeurs). Ce pays a connu une augmentation du chômage telle que les pouvoirs publics ont été amenés à " fermer " l'accès au monde du travail aux nouveaux immigrants. Il vous sera donc difficile d'avoir une activité rémunérée. Toutefois, connaître cette réalité ne vous empêche pas d'effectuer un petit boulot d'appoint (job) pendant l'année ou de travailler le temps des vacances, afin de boucler votre budget-étudiant.


Le respect de la législation
: Avec la crise économique, le nombre d'emplois offerts par le marché français s'est considérablement réduit. Pour protéger cette offre contre les abus du travail clandestin, une réglementation très stricte a été mise en place en matière d'emploi. La plupart des étudiants étrangers se voit refuser l'accès à une activité salariale, faute d'obtention d'une APT (Autorisation provisoire de travail). L'obtention de cette autorisation est une condition sine qua non pour pouvoir travailler. Evitez donc de vous retrouver dans une situation irrégulière au regard de la législation française.

Remarque : la situation de l'emploi n'est pas opposable aux étudiants de nationalité laotienne, vietnamienne, cambodgienne et libanaise qui demandent une autorisation provisoire de travail (arrêté ministériel du 14 décembre 1984, modifié par arrêté du 8 avril 1991).

Etudes et emploi : Si votre venue en France est liée aux études, il faut alors consacrer l'essentiel de votre temps à cet effet. La priorité est d'obtenir un diplôme, de finir une formation, qui vous seront utiles à vous et à votre pays. En ce sens, toute activité salariale doit être un moyen et non une fin en soi. Il est vrai que si vous n'êtes pas boursier et que vos ressources s'avèrent insuffisantes, vous serez " forcé " de trouver un moyen de compléter votre budget-étudiant. Mais prenez garde de ne pas le faire au détriment de votre objectif principal : votre réussite universitaire.

Etudes et stage : Pour les étudiants français, le stage est devenu le tremplin nécessaire vers un premier emploi. S'agissant de vous, un stage ou éventuellement un emploi " éphémère " doit être l'occasion de vivre une expérience professionnelle. Il s'agit de découvrir comment fonctionne l'entreprise française. Vous mesurer à la vie professionnelle donnera une valeur supplémentaire et non négligeable à votre diplôme. En ce sens, le stage représente un moyen très efficace d'expérimenter sur le terrain vos acquis théoriques. Vous avez de fortes chances de vivre cette expérience, qui traduit votre volonté de vous insérer dans le monde de l'entreprise. De plus en plus fréquemment, les établissements d'enseignement français exigent la réalisation de stages. Préparez-vous à assumer ce contact qui vous sera précieux pour acquérir ce savoir-faire qui a fait de la France une des premières puissances industrielles.

En ce qui concerne la rémunération, il ne faut pas vous attendre à des merveilles. Rares sont les stages rétribués à plus de 755 euros. Il existe un plafond fixe équivalant à 30 % du Smic (Salaire minimum interprofessionnel de croissance), à environ 1 080 euros bruts.

L'autorisation provisoire de travail : conditions et démarches
Les conditions
L'emploi des étudiants étrangers est défini par différentes circulaires et par l'arrêté du 14 décembre 1984 du ministère du Travail. Seul le Préfet peut donner son accord, qui dépend de la situation de l'emploi en France. D'autre part, celui-ci vise à ce que le travailleur étranger connaisse des conditions d'emploi identiques à celles des travailleurs français.

Votre autorisation provisoire de travail vous sera systématiquement refusée :
si vous êtes boursier du gouvernement français (BGF), sauf pendant la période des vacances universitaires où votre bourse sera suspendue ;
si vous vous inscrivez dans un établissement n'ouvrant pas droit au bénéfice de la Sécurité sociale étudiante.
Si vous n'appartenez à aucune des catégories citées ci-dessus, vous pouvez solliciter une APT.

Cas général et situations particulières : La grande majorité des étudiants étrangers doit se procurer une autorisation. Cependant, dans certains cas, les démarches varient. Lisez attentivement les points suivants pour connaître votre situation et savoir quelles sont les démarches que vous devez accomplir.

Dans la plupart des cas
Une autorisation provisoire de travail est obligatoire. Vous ne devez accepter aucun travail avant l'obtention de cette autorisation. Vous ne devez pas non plus dépasser un certain nombre : 19 h 30 par semaine ou 84 h 30 par mois ou 884 h par an. Le non-respect de ces deux conditions entraînerait le retrait immédiat de votre titre de séjour. De plus, une poursuite pénale pourrait être engagée contre votre employeur.

Attention : ces limites horaires ne permettent pas de travailler à temps plein plus de trois mois consécutifs.

Les nationalités non soumises à l'autorisation de travail
Les ressortissants d'un Etat membre de l'Espace économique européen (Union européenne + Islande, Liechtenstein, Norvège), d'Andorre, de Monaco, du Gabon et du Togo n'ont pas besoin d'autorisation provisoire de travail.

Cas particulier des étudiants algériens
En application des accords franco-algériens, les étudiants algériens peuvent exercer une activité salariée sous couvert de leur seul certificat de résidence " étudiant " dès lors que cette activité professionnelle reste accessoire aux études. Pour le ministère de l'Emploi, cette dispense d'autorisation de travail ne vaut que dans la limite d'un emploi à mi-temps tandis que le Conseil d'Etat a considéré qu'un étudiant algérien peut exercer une activité supérieure à un mi-temps sans avoir besoin d'une autorisation provisoire de travail, dès lors que cette activité reste accessoire à ses études.

Les réfugiés politiques (titulaire de la carte OFPRA)
Convention de New York : une autorisation de travail est nécessaire.
Convention de Genève : dispensés d'autorisation.

Cas particuliers
Les étudiants en médecine, en pharmacie ainsi que les attachés associés peuvent être dispensés, sous certaines conditions, de l'APT. Ils doivent se renseigner auprès de leur université ou bien auprès du service du personnel de l'hôpital où ils ont l'intention d'exercer leurs fonctions.

Autorisation provisoire de travail : démarche et pièces à fournir
La demande d'Autorisation provisoire de travail (APT) s'effectue auprès de la Direction départementale de la main d'œuvre étrangère (DDMOE) de votre lieu de résidence. Les pièces à fournir (photocopies et originaux) pour constituer votre dossier sont généralement :
Un titre de séjour étudiant en cours de validité. Attention, le récépissé que délivre certaines préfectures dans l'attente de l'obtention du titre de séjour définitif n'est pas valable pour cette démarche.
La carte d'étudiant de l'année universitaire en cours (ne pas oublier le volet certifiant que vous bénéficiez d'une couverture sociale étudiante).
Un contrat ou un engagement de travail établi par votre futur employeur comportant les informations suivantes : le type de travail, le lieu où vous allez exercer votre activité, les horaires, la date d'embauche, la durée du contrat, le montant du salaire brut.
Un justificatif de domicile (quittance de gaz ou d'électricité, facture de téléphone…).
Une enveloppe timbrée libellée à votre nom.
Deux photos d'identité.

Cas particuliers :
les étudiants allocataires de recherche et ceux qui effectuent un stage d'études obligatoire et rémunéré au moins 30 % du Smic doivent fournir également le contrat d'allocataire de recherche ou la convention de stage ayant été établie entre l'Université et l'entreprise d'accueil ;
les ATER (Attachés temporaires d'enseignement et de recherche) quant à eux sont tenus de fournir le contrat ATER délivré par le rectorat + l'arrêté de nomination ou le procès verbal d'installation.

Votre demande ne doit en aucun cas être envoyée par courrier. Vous devez personnellement vous déplacer et la remettre en main propre au service concerné afin de répondre à d'éventuelles questions.
L'autorisation provisoire de travail est valable six mois et doit impérativement être renouvelée à la date d'échéance.

Les différents jobs : Avant de choisir votre job, vous devez connaître impérativement votre emploi du temps (en effet, il est important que les heures de travail n'empiètent pas sur les heures de cours), votre résistance au travail, vos capacités. En fait, exploitez au maximum votre spécialité afin de perdre le moins de temps possible et de mettre en pratique vos connaissances. A titre d'exemple, si l'anglais est votre langue maternelle, n'hésitez pas à donner des cours d'anglais. Si vous suivez des études en musicologie et savez jouer d'un instrument, vous pouvez donner des cours, etc.

 

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